V.I.T.R.I.O.L

J'imagine qu'il y a plusieurs façons de vivre sa franc-maçonnerie.
Spiritualité, symbolisme, faits de société, engagement personnel sont des axes possibles de travail ou des choix de vie.
J'ai choisi de vivre la mienne
en artiste, ou en poète.

C'est à dire de privilégier les sens, l'instinct, l'émotion plus que le rationnel. Si descendre en soi-même consiste à se débarrasser des faux-semblants, à creuser jusqu'à la veine, comme on creuse jusqu'au charbon, à trouver le diamant brut et le débarrasser de sa gangue, c'est-à-dire de mettre à jour son talent, ou son non-talent le cas échéant, donc à se connaître ;
il me semble sans prétention
avoir fait une grande partie
de la descente avec mon
attirail de profane.

Le métier d'artiste est alchimie
— travail et solitude en sont le soufre et le mercure — le sel
sans doute la volonté, peut-être
le talent, ou la chance !?
Au final une succession d'expériences, ratées ou réussies. Parfois dans la lumière , souvent dans l'ombre. On y apprends à voir dans la nuit, avec acuité.

Je suis descendu assez profondément dans ces galeries obscures, j'ai regardé à travers le prisme sombre de l'absurde, de la laideur et de la médiocrité, au risque de me perdre. Il me semble salutaire, à ce stade, de retrouver la sortie — le joyau dans la besace — et d'en profiter un peu au soleil. Le chemin — mon chemin — m'attire vers le haut, plutôt que vers le bas. La remontée vers une certaine lumière sera-t-elle aisée, apaisée ?

Au moins serai-je aidé
sur le chemin du retour par l'expérience de l'ombre,
et l'appel vivifiant de l'air.