IMPRESSIONS
D’INITIATION

SCHLOOK

… ça a fait schlook,
sa tête quand elle a explosé.
Une pastèque mûre.
Le casse-tête, c'est difficile à
doser. Un peu dans la retenue,
et le gars n'est qu'étourdi,
prêt à te refroidir à ton tour. Dans l'outrance, et ça éclabousse. C'était un jeune gars. Il a rien vu venir.
Le suivant a eu le temps d'écarquiller de grands yeux étonnés, avant de s'affaler sur le parapet, aussi mort que l'autre.
La technique c'est de continuer à les arroser de grenades après le bombardement. Eux, ils croient que ça continue. On se rapproche, en rampant entre les lignes, on se faufile de trou en trou pendant qu'ils font le gros dos. On cisaille quelques barbelés. Et puis on saute, comme un chat sur la souris, avec nos poignards et nos pétards. Et là, c'est le grand nettoyage à la main. Dédé a balancé des grenades incendiaires dans les trous. Un grand type est sorti en brûlant. Ambroise lui a fait une grande entaille en travers, à la pelle affutée. Il a pas eu le temps de crier « Kamarad » Les autres ont grillé au fond de leur trou.
Un frisé a essayé de fuir. Une balle a été plus vite que lui…

Puis il y a eu un grand silence. C'était fini. Le signal rouge s'est éteint au fond de nos têtes On a fouillé tous les abris. On a fait les poches à deux trois boches. Y avait pas grand monde dans ce boyau. Un avant poste.
Le ciel était tout noir, comme la tête de Mamadou à côté de moi. Son coupe-coupe était tout rouge. Un petit crachin s'est mis à tomber.

On est rentré.