DIEU

«Tout est possible, même Dieu»

Ernest Renan


L'idée de Dieu
est une idée
sans importance

J'ai bien conscience que cette affirmation à priori iconoclaste ne m'expose pas exagérément. Sous Néron, sans doute j'aurais vu les lions de près. Sous l'inquisition, un type en cagoule se serait occupé de mon âme et de mes genoux. Il y a peu encore, des curés en soutane m'auraient voué aux gémonies, mais de nos jours, sous nos latitudes, le risque est minime. Cette page ayant en outre peu de chances d'être lues par des milliers d'internautes, le danger est faible… Un doute, pourtant ! Je rectifie : « L'idée de Dieu est une idée sans importance, sauf celle d'Allah,
bien sûr » Une fatwa est si vite arrivée !

Pourquoi en faire alors un thème de réflexion ? Parce qu'il faut bien se situer. Depuis la nuit des temps une multitude d'hommes et de femmes a cru en ( un ou plusieurs ) Dieu( x ), l'a appelé Yavhé, Allah, Jéhovah, grand Manitou, grand Architecte, grand Tout, Aton,Tao, God, Nature, Pan, Jupiter, Odin, Elohim… L'a vu partout, en tout. Elle s'est prosternée devant lui dans toutes les positions, à genoux, accroupie, debout, en tailleur, sur une jambe, s'est consacrée à lui, immolée pour lui…

Dans un même temps, une foultitude ne l'a vu nulle part.

Ce qui était — était.
Ce qui est — est.
On ne discute pas.

L'appeler algorithme était encore trop. Ces deux groupes se sont étripés, s'étripent encore pour leur conviction. Des esprits plus élevés que le mien ont tranché et sont arrivés à des conclusions sans appel, opposées mais sans appel. À qui se fier alors ?
Je décèle chez les croyants une certaine suffisance : le genre « Dieu existe. Il m'a rencontré ».
Mais aussi, une certaine prétention chez les non-croyants, du style : « J'ai deux trois choses à raconter sur le néant, néant sans majuscule s'il vous plait »
En comparaison ma position prends des airs d'agnosticisme mou, de matérialisme bourgeois, d'indifférence, de paresse… Pas tout à fait. Dès lors que les fidèles croient, que les athées ne croient pas, que les agnostiques se tâtent, je dis : « Je verrai bien » — Ce qui n'est pas tout à fait la même chose.

Cet attentisme ne m'empêche ni de craindre la mort, comme le cochon, le rat, et peut-être la salade, ni de m'indigner, contre la bêtise, la laideur du monde, le manque d'humour indécrottable de ceux qui savent, ni de m'enthousiasmer devant une œuvre d'art, une belle croupe ou du pâté de tête.
Le monde est devant moi, grand livre ouvert, constellé de cercles, de triangles, de carrés, une oeuvre existe. Est-elle le fruit du pur hasard, de l'absurde ou la production d'un artiste, d'un géomètre génial, démiurge torturé ou joueur de dés solitaire ?
Je le verrai le temps venu !

Allez Nietschze, c'est à toi de distribuer les cartes
et de faire le mort.
Je crois que le « boss »
ne dort que d'un œil…